La réforme des rythmes scolaires vue de mon jardin

Hier soir, j’ai eu la corvée chance inouïe de représenter les parents d’élèves de l’établissement de mes filles à une réunion sur la réforme des rythmes scolaires à la mairie. A défaut d’être rassurant, c’était très intéressant de voir comment un projet de réforme prend vie localement, de se rendre compte qu’entre les beaux discours de Paris et leurs mises en œuvre au sein des municipalités, il y a souvent un (très) grand pas (c’est à se demander s’il ne faudrait pas limiter l’accès à la députation qu’aux seuls élus locaux… mais je m’égare).Hormis cette passionnante découverte du fonctionnement de nos institutions, je dois admettre que pour le reste, c’est la cata.
Pour reprendre un proverbe Shadock, je dirais que « Quand on ne sait pas où on va il faut y aller…. et le plus vite possible » parce qu’on en est vraiment là. Ce qui m’a surpris, c’est qu’en ce qui concerne la réforme des rythmes scolaires, nos interlocuteurs à la mairie semblaient en savoir autant que nous et qu’ils manquaient de visibilité autant que nous.  Et pourtant, ils veulent absolument mettre en place cette réforme pour la rentrée 2013.
Pour rappel, cette réforme part d’un constat simple, nos enfants ont un nombre d’heures de classe élevé réparti sur un nombre de jour faible. La réforme a pour ambition de répartir plus équitablement le temps scolaire de l’enfant pour éviter qu’il ne frôle le burn-out à l’arrivée du CP. C’est louable, mais je crains que, dans la réalité, ce ne soit plus compliqué à mettre en œuvre car, autour de l’enfant, vous avez les parents, les enseignants, les animateurs, (le contribuable)… Et tous n’ont pas la même perception de l’intérêt de l’enfant (qui doit être la porte d’entrée pour conduire cette réforme, nous a-t-on dit).
En substance, quelles sont les grandes lignes proposées à ce jour.

  • Faire travailler les enfants 24h par semaine sur 9 demi-journées réparties sur 36 semaines;
  • Une demi-journée supplémentaire le mercredi matin (sauf dérogation)
  • Pas plus de 3h30 de travail le mercredi maximum
  • 1h30 minimum de pause le midi sans enseignement
  • Pas d’enfants hors de l’école avant 16h30

Premier point de fâcherie, c’est le positionnement de la demi-journée supplémentaire. Le mercredi ou le samedi matin ? A priori, la mairie est partie pour le mercredi. Cependant, l’adjointe au maire présente lors de la réunion a été étonnée de voir qu’une large majorité des personnes présentes y étaient plutôt hostile : les parents à cause de l’impact que cela peut avoir sur leur  organisation, les animateurs pour des questions d’organisation et de cohérence des temps périscolaires, les enseignants pour le respect de leur propre chronobiologie (sic) [Edit: je précise l'immense ironie de l'instit s'étant exprimé de la sorte. Les motifs de plainte étant bien plus large]. Sans compter que dans mes souvenirs, les spécialistes disaient que c’était surtout la coupure de 2 jours samedi-dimanche qui était délétère.

Second point de fâcherie, c’est, qu’au final, l’enfant passera plus de temps dans l’établissement scolaire. Un enfant pourra être amené à faire une journée suivante :
  • 8h30 – 11h30 : temps scolaire
  • 11h30 – 13h : cantine
  • 13h – 15h15 : temps scolaire
  • 15h15 – 16h30 : temps périscolaire obligatoire

Sans compter la garderie le soir jusqu’à 18h pour une partie non négligeable des enfants, ça fait de bonnes journées, vous ne trouvez pas ?  Mais il paraît que c’est dans son intérêt. Soit il ne travaillera pas sur l’intégralité, mais je ne sais pas si cela change beaucoup de choses pour lui concrètement. Si activité périscolaire il y a, ca restera à l’école, avec les mêmes enfants… (Notons au passage, que le flou le plus complet persiste sur la nature de ces activités (sport, musique, culture…) ainsi que sur l’identité de ceux qui animeront ces activités (instit, animateurs, association sportive ou culturelle…)). Si l’on rajoute 3h d’école le mercredi, ca fait une plus grande présence de l’enfant dans l’enceinte de l’école sans interruption. Il est où l’intérêt de l’enfant ?

Avec ce niveau d’incertitude à tous les étages, je trouve hallucinant que la mairie veuille mettre en place la réforme pour la rentrée 2013 alors qu’elle n’a pas, à ce jour, l’assurance de pouvoir l’organiser ou de le financer (rien que le coût de la cantine le mercredi donne des frissons). On a beau dire qu’il y aura concertation, ca fait très court, surtout que s’il y a des changements, les familles ont besoin d’un minimum de temps pour s’organiser (parce qu’on finira toujours par s’organiser).
Pour être sincère, j’ai du mal à  ne pas voir des considérations électorales dans le choix de la rentrée 2013. En 2014, il y a les élections municipales et cette réforme risque de faire pas mal de mécontents (à tort ou à raison, d’ailleurs). Que cette réforme entre dans le bilan ou les projets de la municipalité, je ne sais pas ce qui est le mieux pour l’équipe actuelle. Reste que pour l’instant, en plus de l’inquiétude de savoir à quelle sauce on va être mangé, il y a l’angoisse de la précipitation à venir et cela n’augure rien de bon.
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63 réflexions sur “La réforme des rythmes scolaires vue de mon jardin

  1. Des instits pensent comme vous…. Nous nous sommes réunis en collectif pour dénoncer la précipitation et l’inadaptation de cette réforme des rythmes ainsi que le manque de concertation des principaux acteurs. Vous pouvez nous rejoindre sur http://www.facebook.com/ecoleintelligente et signer la pétition http://www.petitions24.net/collectifdesdindons
    Pour nous l’urgence est ailleurs ! entre autre, nous sommes convaincus que l’allègement de la journée peut se faire dans un premier temps au travers de la réforme des programmes. Cette réforme a un coût beaucoup moindre et fait consensus…

    Merci pour votre témoignage, nous espérons que la confrontation aux réalités de la mise en place de cette réforme permettra d’agir avant qu’il ne soit trop tard…

  2. "les enseignants pour le respect de leur propre chronobiologie". Les enseignants vont faire plus d’heures, devront payer quelqu’un pour garder leurs enfants en bas âge, feront un trajet aller-retour supplémentaire, accuseront les heures de fatigue supplémentaires pour…. pas un centime de plus. Alors, non, il n’en va pas seulement de notre "chronobiologie". Et tout ça pour alourdir la semaine de nos pauvres élèves au lieu de l’alléger. N’y a-t-il pas un souci là ?

      • Tant qu’on ne vous prend pas pour des dindes… :-)
        Autant je ne suis pas super chaud pour la réforme, autant je suis plutôt agacé par la surenchère volaillère. Que vous, instit, soyez contre le projet, c’est votre droit. Cela dit, on ne vous a pas beaucoup entendu quand la semaine est passée à 4j. En quoi cette réforme est elle plus qu’un retour en arrière ?

        • J’adore quand quelqu’un pense tout connaître de notre métier pour l’unique raison qu’il a un enfant scolarisé dans une école primaire. Il y a de nombreuses choses à changer dans ce métier, et au lieu d’évoluer, nous régressons. Ma journée ayant été relativement difficile, et n’ayant pas la force à cette heure de me battre contre du vent, je vous laisse vous renseigner sur notre métier, notamment en regardant de plus près les revendications des enseignants, par le biais des syndicats ou du blog des dindons. En espérant que vous vous endormirez moins bête. Sur ce, bonne nuit.

          • vous savez, il y a quelque chose que j’essaye d’apprendre à mes filles, c’est le respect de l’autre. Ca passe généralement par un bonjour et par éviter de sauter à la gorge de la personne chez qui vous êtes. La virtualité n’excuse pas tout.
            Ensuite, je ne m’en prend pas au métier d’enseignant (qui est partiellement le mien) mais au mouvement d’outrance dindonière. La partie ne fait pas le tout.
            Enfin, vu l’extrême variation dans les modalités du projet de réforme, je me dis que c’est quelque chose d’envisageable, pour peu que l’on ai envie de négocier.

      • Je vous signale au passage, chose que vous ne savez sûrement pas, que quand le samedi matin (3h) a été supprimé, il a été remplacé par 2h d’aide personnalisée + 1h de réunion supplémentaires par semaine. Vous n’avez pas idée du nombre de mercredis matins travaillés dans l’année pour conseils des maîtres, conseils de cycles, animations pédagogiques, conférences, sans oublier les conseils d’école. Vous pensiez peut-être qu’on se tournait les pouces ?

        • personnellement, je ne pense rien. Je dis juste que le mouvement des dindons surjoue un peu l’outrance. Si avec la réforme on vous enlève l’aide personnalisée et la réunion, ca règle le problème ?

            • Je suis instit et je tiens à préciser que l’on n’a entendu personne râler lorsque le samedi matin a été remplacé par l’aide personnalisée (pas faire par tous, n’est ce pas, avec un directeur peu regardant…). Et maintenant, c’est le mouvement inverse: on supprime l’aide perso pour remettre une matinée. Et alors là, tous aux abris! Qu’est ce que ça râle!!
              Pourtant, c’est bien la droite qui a supprimé le samedi et la gauche qui veut le remettre.
              D’ailleurs, c’est bien vrai que ce qui est en cause ds les rythmes de l’enfant ce sont les deux jours du we où il se couche tard… Ms comme la samedi n’arrange personne ;)
              C’est vrai que la semaine d’un instit est assez chargée…mais qd je discute avec une infirmière, je vois qu’il y a pire…bien pire…

            • les instits ne savent pas de Monsieur ‘écrit en français M. et non Mr (= Mister, en anglais, donc)??? Quand on est malpoli, on essaye d’être irréprochable.

              • Etant partiellement sujet de la couronne britannique, ca ne me choque pas.
                Maintenant, si vous n’avez pas d’autres commentaires que sur la facon d’ecrire des autres, ne vous sentez pas obligé d’en faire.
                C’est un sujet passionnel sur lequel on s’enflamme, mais ce n’est pas une raison pour ne pas respecter son contradicteur

  3. Merci de faire entendre que – oui – le mercredi matin, souvent, on travaille déjà … Mais, je ne blâme personne. Vous, cher papa, comme tant d’autres, vous ne pouvez pas le savoir car personne n’en parle dans les infos, on n’entend personne pour défendre nos propositions, les vrais besoins d’une école qui va mal devant une société bigarrée, éclatée … Du coup, personne ne peut savoir la réalité d’un terrain sociétal …

  4. Moi je trouve ça scandaleux de faire travailler les instits le mercredi matin.
    A ce rythme on va bientôt leur demander de travailler 5j par semaine et on ne leur donnera que 5 semaines de congé par an … inimaginable, qui accepterait de travailler dans ces conditions ?

    • Sachez M. Al qu’en ce qui concerne les 5 semaines de congés payés, nous y sommes déjà : eh oui, peu de gens le savent (mais ils en parlent souvent beaucoup), les enseignants ne sont pas payés pendant les vacances scolaires. Leur salaire annuel est réparti sur 12 mois seulement pour ne pas les pénaliser pendant las vacances…. Ensuite comme il a été dit plus haut, nous travaillons très souvent le mercredi : d’ailleurs en ce qui me concerne, j’ai trois heures de formation cet après-midi et j’ai travaillé samedi matin dernier… Alors vous voyez, vous êtes loin du compte !!!! A bon entendeur salut… mais il est vrai qu’il est plus agréable de discuter avec des gens qui savent de quoi ils parlent!

    • Ce sont là encore des propos de quelqu’un qui n’a aucune idée de la masse de travail perso que l’enseignant doit fournir hors du temps de classe, qui n’est jamais officiellement considéré en plus des "27h en classe devant les élèves". Même constat pour les histoires de "congés payés", comme l’a souligné Diamantinoise, vous témoignez là de beaucoup d’ignorance de la réalité de notre métier. Renseignez-vous, interrogez des profs, au lieu de brandir toujours les mêmes clichés.

  5. et, si! il y a eu lors de la suppression du mercredi / samedi matin, des mouvements de mécontentement; parce que la demi journée de classe entière était remplacée par 2h d’aide personnalisée pour certains et cela pour "occulter" la diminuation très importante des moyens des RASED. Cela a peut être été moins lisible / visible pour l’opinion parce que les réseaux sociaux étaient moins présents.

  6. Bonsoir,
    C’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai lu votre article, ainsi que les commentaires, notamment les échanges entre "institencolère" et vous. Je suis jeune prof des écoles, j’ai tenu 2 ans et j’ai craqué, j’ai demandé un an de mise en disponibilité. Il se trouve que je viens tout juste de prendre connaissance de l’existence du mouvement des Dindons, et à vrai dire, c’est pour moi un immense soulagement. J’ai pensé: "Enfin, enfin des profs qui pointent du doigt les très, trop, nombreux problèmes et dysfonctionnements de notre métier, sans langue de bois!" C’est pourquoi il est important pour moi de vous assurer que non, vraiment non, leur révolte, leur colère et leurs revendications, qui sont miennes également, ne s’apparentent nullement à une "surenchère volaillère". A chaque fois qu’on me demande, les yeux ronds, pourquoi j’ai arrêté, je réponds sans pouvoir m’en empêcher: "Pour trop de raisons, ça serait long…" Car c’est ce que je ressens. Et il y a plus que tout cette saturation absolument grotesque des programmes, qu’évidemment personne ne lit sauf les profs. Ce qu’on est censé apprendre et faire faire aux élèves, au niveau de la multitude de matières et d’objectifs est tout simplement impossible à appliquer entièrement si l’on veut "bien faire". Ajouté à cela le rôle éducatif qui prend de plus en plus de place, car on oublie souvent que les profs des écoles, à la différence de leurs collègues des collèges et lycées, font un boulot d’assistants de vie scolaire: surveillance des récrés, accueil des répartis en cas d’absences, gestion des retards, des conflits, du moindre couac dans la classe. On est seul à devoir porter de plus en plus de casquettes, sans parler du travail personnel, très dense, que la plupart des gens qui n’exercent pas cette profession ne mesurent absolument pas. Les petits nouveaux sont catapultés dans les zones les plus reculées, (habitant à Ivry sur Seine, j’ai bossé au Blanc-Mesnil), ce qui n’aide pas vraiment. Bref, je pourrais en écrire des pages, mais ce n’est pas le but. Simplement je pense qu’il y a une réelle méconnaissance générale des conditions de travail du prof des écoles, et trop souvent, un jugement hâtif qui considère nos plaintes comme des caprices. Non, non, les Dindons ne font pas de surenchère, vraiment.
    Bonne soirée.
    Eva.

    • Si j’ai réagit brusquement aux propos de institencolère, ce n’est pas tant pour un problème d’idées mais pour un problème de savoir être. A aucun moment, elle n’a envisagé que je puisse connaitre la situation des instit. Mon opinion ne lui importait guère, vu que j’étais mal informé.
      Et quand on vient chez moi pour me reprocher des propos que je n’ai pas tenu, ça m’irrite quelque peu (l’histoire de la chronobiologie des instits, ce n’est pas de moi, mais de la directrice de primaire qui a gueulé contre le projet de réforme, d’où le (sic)).
      La surenchère n’est pas liée aux dysfonctionnements que le collectif dénonce (à juste titre, pour ce que j’en sais). Vous n’êtes pas des animateurs, vous n’êtes pas là pour torcher le cul des gamins (là encore, je cite), ni pour mener la chasse aux stéréotypes. Vous exercez la noble tache de transmettre le savoir à nos enfants, malgré le sous effectif, la mauvaise valorisation de votre travail, les parents qui vous demandent de faire leur travail…
      Pour la question des rythmes scolaires (qui est le sujet principal de mon billet), la pétition des dindons donne l’impression qu’ils (les instits) seront les seuls à en pâtir "Les enseignants seront-ils les seuls à porter cette refondation ?" ce qui n’est évidemment pas le cas. Ce faisant, ils s’arrogent le droit exclusif d’être considéré comme les dindons de la farce alors que d’autres (les parents en l’occurrence) peuvent très bien prétendre à ce titre de "gloire".
      Alors interpeller le chaland en affirmant que "Nous ne voulons pas d’une refondation de l’école faite contre les enfants, les parents et les professeurs des écoles." alors que les revendications sont exclusivement catégorielles, je trouve cela effectivement too much

      • Bonjour,
        Il me semble que les dindons défendent également le bien être et le droit de leurs élèves, non?
        Je suis persuadée, ou j’espère, que si une réforme digne de ce nom nous était proposée, concernant le respect du rythme des élèves, le contenu des programmes, la gestion des différences de toutes natures, mes collègues, dindons ou pas, s’y jeteraient à coeur perdu.
        Comment actuellement, reprocher à des "instits", de penser d’abord à leur "confort"…. regardez autour de nous…. usure, monsieur, usure.

        • Vous voulez dire qu’avant d’être instit vous êtes des êtres humains ? Dingue ça :-)
          Sur ce genre de sujet, personne ne s’écoute parler. Les parents reprochent aux instits de chercher leur confort, les instits reprochent aux parents d’organiser leur journée autour d’eux…
          Faire une réforme qui fasse consensus, je n’y crois même pas en rêve. Par contre organiser une réforme autour d’une idée forte (L’intérêt de l’enfant) et d’être cohérent dans les déclinaisons (quitte a ce que chacun prenne sa part), c’est faisable… Si on a du courage

      • Bonjour ,il ne faut pas opposer l’intérêt des enfants et celui des enseignants . Instit depuis 36 ans , je suis sûr que ce passage à 4,5 jours avec école le mercredi matin va être catastrophique ! Les journées seront pratiquement aussi longue qu’actuellement et les enfants n’auront plus la coupure du mecredi . Quel est l’intérêt de ce changement ? 5 je n’appelle pas ça une réforme !)
        On va tous arriver en fin de semaine sur les rotules ! Ce sera aussi la fin d’un jour privilégié pour tous les parents qui prenaient le mercredi pour s’occuper de leurs enfants . Quel gâchis prévisible .

        • Bonjour,

          j’avoue que le mouvement spontané (si, il faut y croire !) des Dindons (à la suite des patrons pigeons, j’attendais d’autres volatiles, j’avoue être un peu déçu !) m’amuse mais en même temps me désespère.
          Je suis enseignant.
          C’est un vol vent debout bien plus massif que ce qu’on avait pu opposer lors du passage à la semaine de 4 jours imposée en force par Darcos. On a protesté à juste titre contre la suppression des RASED, mais on s’est plutôt bien fait à l’idée de surcharger la semaine des enfants : pensez-donc : on a gagné le samedi matin !
          Et maintenant que l’on propose un retour à la situation antérieure (la semaine de 4 jours et demi), on craint pour ses rotules ! (Les dindons ont-ils des rotules ? Faudra que je me renseigne !)
          Or, il se trouve que de nombreuses communes ou territoires fonctionnaient déjà avec l’école le mercredi matin avant 2008 : et leurs rotules se portaient bien, merci pour elles ! Et bien mieux que depuis 2008 avec la semaine de 4 jours qui voient les enseignants et les enfants avancer à marche forcée pour essayer de mettre un litre et demi de liquide dans une bouteille d’un litre…
          Et c’est vrai qu’on ne réussira à changer les rythmes que si tout le reste change : les programmes, les contenus, les évaluations, la suppression du fichage et des compétences néolibérales ;
          à nous d’inventer, de varier nos rythmes dans la classe, de nous emparer des éléments (des enseignants en plus dans les classes, activités pédagogiques complémentaires (en baisse par rapport au temps d’aide perso) et les temps de concertation (en hausse) , le temps consacré à la formation personnelle…, que laisse entrevoir une réforme certes imparfaite mais qui ouvre des portes. A nous de choisir d’y entrer … ou pas !
          Dans ce dernier choix, il nous reste à regretter le bon temps d’avant : celui de De Robien, Fillon, Darcos, Chatel et Sarkozy…

          Pour ma part, j’ai choisi !

          • Que le mouvement des dindons soit télécommandé (ce dont je doute, ils n’auraient pas pris un animal aussi ridicule :-) ) n’enlève en rien sur le fait que cette réforme est mal ficelée (Si on commence à faire le point sur les parties politiques qui noyautent l’éducation, je doute que l’UMP arrive en tête… mais bon)
            Je n’ai pas trop d’avis sur la réforme Darcos faute d’enfants scolarisés à l’époque. Mais je n’ai pas souvenir d’une grande agitation (ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas eu, mais je regardais ailleurs).
            Ce n’est pas parce que les Autres faisaient une réforme de branque qu’il faut se sentir obliger de faire pareil. Quand on met en avant l’intérêt de l’enfant et la chronobiologie, on fait attention de ne pas donner l’impression de faire n’importe quoi. Je n’ai rien contre les 9 demi journées, limite j’ai rien contre le mercredi si j’ai la conviction que c’est bien pour mes enfants mais au rythme où vont les choses, on saura la réalité de la réforme en juin. Super pour l’organisation, pas du tout anxiogène. D’autant que dans ma ville, on y va sans vraiment savoir s’il y a les finances.
            Alors on peut critiquer ceux d’avant avec des mots compliqués, cette réforme va être un beau bordel

      • les dindons ne sont pas juste instit.. vous vous trompez… peuvent etre dindons toutes les personnes qui se sentent trahies, flouées et déçues par les propositions pour cette refondation… est dindon qui veut ! beaucoup de parents, ATSEM, personnel associatif (qui vont voir leur salaire diminué à cause de la perte du mercredi au niveau des créneau des activités sportives) ont déjà signé la pétition !

        • On ne va pas refaire le match, mais si je ne doute pas de vos intentions, la première chose que les dindons expriment au sujet de la réforme, ça concerne leur condition de travail… Faut pas s’étonner que l’on vous soupçonne de corporatisme

  7. Bien sûr que les parents seront également des dindons, mais ils ne le savent pas encore et s’en apercevront que trop tard. Quand à l’argumentation de la chronobiologie…. Tous les gouvernements trouvent les experts les plus compétents pour prouver par A+B qu’il faut changer le système…..alors que je crois plutôt que l’enfant n’est depuis bien longtemps plus au centre du système. Il navigue entre les intérêts politiques des uns à laisser leur empreinte dans l’histoire du MEN, au lobby du tourisme pour les autres ou tout simplement à Bercy pour les derniers.

  8. …. Pour en revenir au respect du rythme des enfants, qui est le sujet central de votre billet, tout est dit… Je ne crois pas me tromper en disant que la journée et l’année d’un écolier à toujours été organisée en fonction des labeurs de ses parents (et des siennes). Quel boulot justement, de refonder tout cela en ménageant les choux, la chèvre et le loup. Mais tout de même, un peu de cohérence serait de mise.

  9. Je suis instit, et même si l’idée de travailler le samedi matin ne m’enchante pas, je la préfère à celle de travailler le mercredi matin, et cela pour plusieurs raisons : les enfants seront plus disponibles intellectuellement, tous ceux qui ont vécu la suppression du samedi vous le diront. Il n’y aurait pas de problème d’organisation du mercredi avec cantine et nouveau mode de garde sur une demi-journée des enfants à gérer par les communes et les parents. Vous aller en trouver beaucoup des animateurs pour une demi-journée? Que vont-ils faire le matin? et moi, instit, je continuerai à faire mes corrections et préparation de classe le mercredi. Car ce temps-là, peu de personnes l’ont en tête, mais pour pouvoir faire classe, il faut la préparer……
    Mais apparement il y a d’autres pistes à privilégier (parents divorcés, hôteliers et voyagistes……)

    • Ce ne sont pas les modalités de la réforme qui me pose problème, mais l’apparente précipitation car pour l’instant, on ne sait rien et on veut mettre la réforme en place en septembre 2013. C’est absurde.
      Pour les parents divorcés, il faut raison gardée. Prenons l’ensemble des enfants en primaire et ne retenons que ceux dont les parents sont séparés. Ensuite gardons les enfants en primaire dont les parents séparés habitent loin l’un de l’autre. Concentrons nous sur les enfants en primaire dont les parents séparés habitent loin l’un de l’autre et qui n’ont pas de frères ou soeurs en secondaire (et qui travaillent donc le samedi matin). Je ne pense pas qu’il reste beaucoup de monde. Ce sera difficile pour eux, mais on ne peut pas faire de réformes sur la base d’une minorité, ca n’aurait pas de sens

      • Imaginez seulement par exemple la semaine d’un enfant de trois ans dont les deux parents travaillent. Imaginez la mise en place d’un tel aménagement dans une commune de 300 habitants avec deux salles de classes à multi niveaux sans bien évidemment de périscolaire….dans ce dernier cas, et je pourrai les multiplier, qui va gérer les enfants dès 2014? Les deux dindons de prof…. Pour 2013, j’aurai un souhait: que ceux qui réfléchissent dans les ministères viennent un peu dans les classes (et pas que par passage de 60 mn) mais qu’ils fassent un stage pour s’imprégner des difficultés organisationnelles qui pourrissent la vie des directeurs et des enseignants volontaires. Sur le papier tout est réalisable, dans la réalité de la vie de l’école et des communes c’est autre chose. Bien évidemment, et cela me lasse, on va mettre en avant la mauvaise volonté et l’archaïsme du corps enseignant. Je lisais cette nuit un article qui annonçait déjà qu’on entendait le mammouth gronder….

        • Quel est ce procès que vous me faites ?
          C’est justement l’objet de mon billet de montrer le décalage entre ce qui se dit à Paris et la réalité du terrain.
          Maintenant libre à vous de me considérer comme un con de parents qui ne comprend rien à la situation (personnellement, je pense que ce n’est pas le cas)

          • Bien justement. Je ne suis ni syndicaliste, ni homme de pouvoirs. Je suis simplement un enseignant de base qui se posent de nombreuses questions sans avoir de réponses précises. Le flou "artistique" profite au ministre justement. Il nous faut, chacun à sa place, ouvrir les yeux aux décideurs locaux pour que les réactions s’enchainent du bas vers le haut. Bon nombre de maires ne sont pas politiquement affichés et vont se prendre ce chamboulement des horaires de l’école en pleine face sans avoir le temps de réfléchir et en devant faire des choix financiers obligatoirement douloureux car inattendus. J’ai chiffrer à 14 000€ le coût pour 110 enfants de primaire. Encadrement avec un taux "jeunesse et sport" et le smic comme niveau de rémunération. Qui voudra travailler 1 heure par jour…..? Avec quel diplôme? Autres bonnes questions…

  10. Visiblement, ce débat soulève les passions (autant que l’allaitement, oserai-je dire?!). Une réforme, quelle qu’elle soit, sera toujours appréciée par certains et critiquée par d’autres. La difficulté semble ici venir du fait de la si grande diversité des situations et des protagonistes (enfants, parents, profs, mairies,… ) , de leur divergences internes aussi et de la difficile connaissances des conditions des uns et des autres, des uns par les autres.
    Ce compte-rendu vu par l’œil d’un parent est appréciable, et les questions qu’il pose également. Bien sûr qu’une réforme sera difficile à mettre en place, mais souligner les difficultés d’adapter des directives parisiano-centrées me semble important (souplesse vs anarchie?). Et d’apprendre que des calculs politiques viennent interférer dans tout cela… cela rend pessimiste! Mais mieux vaut avoir l’œil ouvert.

  11. Si la journée n’est pas raccourcie comme c’est annoncée (sortie à 16h30 pour tous les élèves), la réforme n’a aucun sens. Personnellement, je suis également pour le samedi matin par rapport au choix du mercredi. Mais pourquoi se précipiter alors que d’autres solutions existent pour essayer d’avoir des élèves moins fatigués : allègement des programmes, diminution du nombre d’élèves par classe, remise en place des rased, … La semaine de 4 jours n’apporte pas de moins bons résultats que celle de 4,5 jours (d’après le résultat des évaluations nationales) alors pourquoi se focaliser sur ces fameux rythmes qui coûtent chers, embêtent tout le monde ou presque et ne garantissent en aucun cas une amélioration des conditions de travail pour les enfants et encore moins les enseignants ?

  12. Oui et mettre son nom sur une énième réforme inutile et enfumer pas mal de monde! Alors qu’il y a pourtant beaucoup de choses à améliorer mais pas en commençant à l’envers…

      • "Etait" oui, je pense que l’usage de l’imparfait est approprié. Après tant d’années de destruction de,l’école publique, l’espoir d’un nouveau souffle était important et il est en train de se retourner violemment…

        • je suis tout à fait un accord avec ce post car avec ce qu’il a fait aujourd’hui, par son courrier aux maires, d’une part il nous enfume en beauté et je ne vois plus ce que les syndicats auront encore à négocier et de l’autre la ligne jaune est définitivement franchie.

  13. Merci encore à vous pour ce texte… Je suis désolée du ton de certains instits qui vous ont sans doute lu trop vite…

    Nous, les instits, sommes tous usés, on en a marre d’être mal considérés mais je crois qu’on doit tous surveiller nos propos. Nous devenons parfois trop susceptibles et démarrons au quart de tour. Ce n’est pas en renvoyant de l’agressivité à celui qui est en face que nous ferons avancer les choses.
    Le respect et l’écoute sont indispensables entre les différents acteurs de l’éducation.

    J’aimerais que d’autres parents, comme vous, s’expriment haut et fort sur le sujet pour apporter leur vision des choses. Pour l’instant seules les fédérations de parents s’expriment au travers de messages officiels largement politisés et pas toujours représentatifs je crois.

    Je reviens pour finir sur le sentiment que vous avez eu en lisant la pétition du collectif. Le texte de cette pétition est, je trouve, sujet à critiques mais si sa formulation est maladroite, le fond que nous défendons est bien le même…

    Je vous invite à lire la lettre de Dinde du 94 qui est pour moi "l’âme" du collectif.
    http://www.facebook.com/456940527656863/posts/556532214364360

    bonne fin de soirée à vous

  14. Pingback: La réforme des rythmes scolaires vue par un papa, à Rouen | La revue de presse de 76actu | Scoop.it

  15. Pingback: Rouen. La semaine de 4,5 jours en primaire fait débat « Les articles de 76actu

  16. Je suis parent d’élève dans une école de Rouen, j’ai donc été conviée également à cette réunion, mais je n’ai pas pu m’y rendre, alors merci pour le résumé :-) Ce temps périscolaire obligatoire me pose problème puisque les journées ne seront en clair pas raccourcies. Mon fils est épuisé après ses journées d’école et le mercredi congé est vraiment bienvenue…

  17. Bonsoir!
    J’aime beaucoup votre analyse. Pourtant , je suis enseignante dans le premier degré.
    Dans ce que propose votre municipalité, je suis perplexe sur un point: temps péri-scolaire OBLIGATOIRE de 15h15 à 16h30…
    Mais enfin, si j’étais une maman au foyer dans votre commune, on m’interdirait d’aller chercher mon enfant plus tôt si j’en avais envie? Il serait mieux en "garderie" qu’avec ses parents?
    C’est insensé , non?
    Dans mon école et ma commune, on ne sait pas encore à quelle sauce on sera mangé…

    Je ne sais pas quelle est la meilleure solution… J’ai pratiqué le samedi matin travaillé et j’aimais bien cette demi-journée… (Même si aujourd’hui, j’apprécie mes week-ends entiers avec mon compagnon qui travaille dans le privé ;-) )
    Mais décider une réforme dans la précipitation juste pour inscrire son nom dans les annales des innombrables réformes de l’éducation nationale, c’est petit… Le temps dégagé, soit sur la pause méridienne soit en fin d’après-midi, sera même appelé le "temps Peillon"… Désolant…

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