Les Mystères de la boite à bisous

Boite à Bisous

Il est chez moi un objet mystérieux qui répond au doux nom de la Boite à Bisous. Et que contient elle a votre avis ? Des bisous, bien évidemment !!! Cette boite fait partie du merdier des trésors que ma cadette conserve dans sa chambre.

L’idée vient à l’origine d’une histoire de zou (le petit zèbre) où ses parents lui font une réserve de bisous pour son séjour en colonie de vacances. Ma cadette aime tellement nos bisous qu’elle réclame régulièrement qu’on lui remplisse la boite à bisous pour sa consommation personnelle. Parmi les (trop) nombreux rituels du soir, je me vois contrains de faire des bisous dans cette boite. Mais attention, niveau bisous, nous avons atteint un summum de raffinement. Sans mentir, si vous croyez qu’il suffit de faire un bisou sur le front, la joue ou la bouche pour coucher mes monstresses, vous faites erreurs. Déjà, un simple bisou sur la joue peut être petit, moyen ou gros. Ensuite vous avez les bisous à la carte comme

  • Le bisou inuit où l’on se frotte le nez (à ne pas confondre avec le bisou nez qui est un bisou sur le nez).
  • Le bisou papillon où l’on se frotte les cils. Là encore, il peut y avoir des variantes : oeil gauche contre oeil gauche ou contre oeil droit; bisous papillons avec ou sans passage de nez… (l’imagination de mes filles est sans fin)

Enfin, vous avez le bisou totalement improbable comme le bisou oreille (où l’on se frotte les oreilles) le bisou chachacha  qui vire au grand n’importe  quoi.

Mais le pire, c’est que tout doit tenir dans la boite à bisous qui doit être rempli au moins trois fois par semaine. La seule référence à une théorie psychanalytique que j’ai pu trouver se trouve dans le lien suivant. A toi Jean Chrysostome

Mes enfants me bouffent tout cru. Et si j’appelais la police ?

Qui n’a jamais eu de problèmes pour convaincre ses enfants de faire ce que vous souhaitez qu’ils fassent ? Le moment le plus heureux de ma paternité fut pendant la grossesse de ma fille aînée. J’avais à la fois la fois d’attendre un enfant et la certitude dans mes principes éducatifs. Cruelle désillusion. J’ai très rapidement compris que je ne devrais me contenter que de la joie d’avoir un enfants, parce que pour les principes éducatifs, je me suis vite rendu à l’évidence que ma progéniture ne se laisserait pas dresser comme je le souhaiterais. Comme le dit très bien Poule Pondeuse : "Avant j’avais des principes, maintenant, j’ai des enfants".

Ce n’est pas que mes filles soient odieuses, mais elles sont chacune les meilleures dans leur partie. Mauvaise aînée est la négociatrice en chef. Du haut de ses 5 ans, elle manie la rhétorique bien mieux que bien des adultes. Attentive au moindre propos, elle est prête à s’engouffrer dans la moindre de vos incohérences pour prendre l’avantage ("Mais tu n’as pas dis que… Ah bon, j’avais compris que… Papa, ce que je te propose c’est…"). Pour le coup, je ne peux m’en prendre qu’à moi. Comme aime à le répéter une amie : "Les chats ne font pas des chiens".

La cadette est plus dans l’empathie, les grands cils qui papillonnent  des câlins pour éviter la soufflante. Vous savez bien, le genre de petites filles qui vous regardent avec des yeux de teckels que l’on abandonne sur le bord de l’autoroute des vacances, qui usent et abusent des "Mon-petit-papa-que-j’aime-plus-que-tout-au-monde-de-l’espace-et-de-l’au-delà-et-que-même-si-on-trouvait-la-limite-de-l’univers-ce-serait-pas-suffisant". Pour la Benjamine, c’est encore tranquille, seulement parce qu’elle n’a que 6 mois. Pour le reste, je sais bien que pour se faire une place au soleil, elle devra creuser son propre sillon.

Devenez meilleur négociateur que vos enfants !

 Heureusement que j’ai de l’expérience dans la palabre, ça m’aide à tenir la longueur. Mais il ne faut pas que je me repose sur mes lauriers. Pour l’instant, quand je négocie avec elles, c’est une après l’autre. Mais je n’ose pas imaginer quand je devrais avoir à  affronter la fratrie. C’est au détour d’un JT sur France 2 que j’apprend l’existence du livre "Devenez meilleur négociateur que vos enfants" J’avoue, le titre m’a fait rire. Mais ce qui m’a le plus fait tiquer, c’est l’auteur. Laurent Combalbert, ancien négociateur du RAID. Un passage rapide en 4ème de couverture donne rapidement le ton :

"J’ai passé les quinze dernières années à préparer et à mener des négociations considérées comme les plus difficiles et les plus risquées au monde. J’ai fait face à des forcenés retranchés, j’ai négocié avec des rebelles sud-américains, des criminels de toutes sortes… Pourtant, ces négociations sont bien loin d’égaler en termes de complexité et de moments de grande solitude celles que je mèe au quotidien à la maison : en effet, j’ai quatre enfants ! "

Si même un négociateur du RAID a du mal avec ses gamins, je me dis que je ne suis pas totalement à la ramasse. Si on ne négocie pas avec les terroristes, faut il négocier avec ses enfants ?

Passé tout l’habillage promotionnel du livre, j’ai trouvé un ouvrage bien écrit et très intéressant à plus d’un titre. Intéressant par ce qu’il revient sur des questions de base telles que "C’est quoi l’autorité parentale ?" ou "Comment aborder les discussions avec mon/mes enfant(s) ?". Paradoxalement, il ne répond pas à ces questions ce qui lui permet d’éviter l’écueil de ce genre de livre qui est de donner la vérité de l’auteur. Le propos est plutôt théorique ce qui lui donne une dimension pédagogique intéressante en offrant au lecteur une grille de lecture qu’il peut appliquer à la propre situation.

Si on pouvait résumer l’idée du livre en quelques mots, c’est de donner un cadre de négociation entre parents et enfants où l’autorité parentale s’exprime au travers d’une relation équilibrée avec ses enfants. Car sans relation fondée sur une confiance réciproque, il n’y a pas de négociation possible.

Chaque chapitre est ponctué des auto-diagnostics  des petits exercices permettant de voir où l’on en est. Les propos sont également illustrés par des exemples de familles où l’on se retrouve plus ou moins en fonction de sa situation personnelle. Enfant unique, familles nombreuses, gestion de l’ado on retrouve un peu de tout. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est qu’on sort des poncifs "le père punit, la mère cajole". Si c’est la répartition historique des rôles, elle n’a rien d’immuable.

Bref, j’ai beaucoup aimé le livre et je le recommande vivement. Même si à la fin, on se dit que c’est bien joli tout ça, mais que ce n’est pas simple de le mettre en pratique, au moins, certaines bases sont posées sur lesquelles on peut construire sereinement.

Pour ceux que ca intéresse et/ou qui ont déjà lu le livre, j’ai Laurent Combalbert au téléphone mardi prochain  pour lui poser quelques questions. Si vous en avez, je transmettrais.

Les tribulations d’un PAF dans le monde (étrange ?) du travail

La vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Pour ceux et celle qui me suivent sur twitter, c’est loin d’être une nouvelle. J’ai repris un emploi. Cela m’est un peu tombé dessus par hasard, au détour d’un mail envoyé par une amie m’expliquant qu’un poste était ouvert chez elle et qu’il « était pour moi ». J’ai regardé le contenu de l’annonce et il correspondait effectivement à mon expérience. Je me suis dis que l’aventure se tentait car il s’agit d’un CDD qui se goupille plutôt pas mal avec le congé maternité de Madame. Problème, le poste est à Paris et ça me fait 4h de transport par jour (avec un levé à 5.00 qui pique un peu les yeux)

Comme j’avais quelques missions sous le coude, je n’avais pas trop la pression  pour ce poste et c’est en touriste que je suis allé à l’entretien (enfin, pas trop quand même). Une fois sur place, j’avais l’impression bizarre que tout était déjà joué et que la personne en face de moi était plus intéressée par ma date d’arrivée que par la pertinence de mon profil (mon amie n’a pas fait que me transmettre l’annonce apparemment). Ce qui a définitivement fini de me convaincre, c’est l’extrême flexibilité que me proposait mon patron. En gros, j’arrive quand je veux, je pars quand je veux, deux jours de télétravail par semaine… Du moment que le boulot soit fait, le rêve !

L’occasion était belle, trop belle même. Tellement belle qu’un sentiment sournois de culpabilité s’est mis à m’envahir.  A peine ma troisième fille venue au monde, me voici en train de fuir le foyer pour m’amuser professionnellement sur Paris. Finies les sorties scolaires, l’extrême disponibilité pour mes filles, l’organisation de mon temps comme je le souhaite. Bonjour le rôle respectable de cadre dans une grosse boite, laissant ma femme s’occuper de gérer les filles et les courses, le temps de son congé maternité. Même si je rentre à 18h chez moi pour m’occuper des filles, leur donner le bain, faire à dîner et discuter avec ma femme, j’ai quand même l’impression de m’offrir d’une petite parenthèse d’égoïsme de 6 mois, d’abandonner mes Filles.

Pour bien enfoncer le couteau dans la plaie, ma cadette m’a fait des scènes tous le mois de janvier à grand coup de « Je veux pas que tu partes »  ou bien « Mon papa adoré, je t’aime et je veux rester pour toujours avec toi » (on en reparlera à l’adolescence). Pour l’aînée, ce n’est guère mieux : quand on lui demande ce que fait sa mère, elle répond « Médecin à l’hôpital », quand on lui demande ce que je fais «  il va sur Paris ». Heureusement que la benjamine ne parle pas encore :-). Cela dit elle a eu le bon goût de faire ses nuits très vite.

Malgré tout le piquant de cette expérience, j’ai l’impression d’être un peu étranger aussi bien au monde du travail qu’à la maison. Au travail, on me regarde un peu avec des yeux ronds quand je dis que je suis parent élu à mon école, que je peste contre la réforme des rythmes scolaires. Et je ne vous parle même pas quand une collègue est venue me voir avec le numéro de janvier de Marie Claire dans lequel il y avait ma photo (je ne vous dis même pas comment j’ai dû esquiver les explications sur ma présence dans cette revue :-p). Comme si on ne s’attendait pas qu’un homme puisse s’intéresser à ce genre de chose.

Côté perso, ce n’est pas aussi évident que cela. J’ai quand même l’impression d’être un « traître à la cause ». Quand je prends le café le matin avec les amis après avoir déposé les filles à l’école, je traîne moins (pas trop le temps quand même) et les débats sur les congés maladies à répétition de la maîtresse me passionnent moins. Après avoir été très présent, me voici très absent. J’ai presque l’impression d’avoir à me justifier d’avoir pris cette mission. Heureusement que j’ai le soutien de Madame qui me prouve au passage qu’elle est bien une femme extraordinaire. On s’était installé dans une petite routine où j’avais arrêté de bosser pour lui permettre se consacrer totalement à son boulot. Ma reprise, c’est sûr, c’est moins de « confort » pour elle et que je sens bien que parfois, mon inactivité l’arrangerait. Faut dire qu’elle n’en peut plus de son congé maternité. On attaque le 6ème mois et je la sens un peu fébrile. Heureusement qu’elle reprend à la fin du mois, ça commence à ne plus être vivable :-) . Ça ne fera que bouleverser notre organisation actuelle. Ce n’est pas comme si nous avions l’habitude. Nous ferons comme nous faisons d’habitude, nous nous mettrons autour de la table et nous discuterons du « qui fait quoi ». Ca va être un peu tendu, mais je ne doute pas que nous y arrivions.

Petit à petit, le Père au Foyer se transforme en Working Dad. Working ok, mais Dad avant tout (faut pas déconner non plus)

RIP ma machine à café (21/12/2003 – 25/01/2013)

Feu ma cafetière

On en a passé des nuits ensemble. Tu m’as soutenu dans tous ces moments difficiles. Tu as été là pour toutes mes veillées, mes soirées, mes insomnies. Rapports hyper-urgents à rendre pour la veille, les dents des filles, calcul du tiers provisionnel, tout était une occasion pour célébrer notre idylle…

Nous t’avons recueillis le lendemain de notre mariage. Nous t’avions mis sur notre liste et n’avons pas eu le coeur de te faire attendre. Remarquez, il aurait peut être dû, vu que nous sommes venus te récupérer un dimanche 21 décembre aux Printemps à Paris (c’est dire notre motivation… ou notre inconscience, c’est selon). C’est grâce à toi qu’Oledaf et Monsieur D ont eu l’idée d’écrire leur chanson sur le Café (je déconne, mais ça aurait pu). Depuis 3 semaines, on se doutait que tu n’allais pas bien. Un problème de pompe qu’on s’est dit. Alors on t’a envoyé chez le réparateur dans l’espoir d’un retour rapide. Ce ne fut pas le cas.

Deux jours après, le verdict tombe. La pièce n’est plus faire pas le constructeur. Tu es donc devenue irréparable. Il nous a fallu du temps pour admettre cette triste réalité. Mais comme le sevrage de caféine se passait mal, nous sommes allés rapidement chez Darty pour te remplacer (on a des deuils rapides, faut avouer) et qui vendaient certaines de ses machines à café à expresso d’expo avec un rabais conséquent. Premier problème, ils n’avaient plus la boite de la machine ce qui ne nous donnait pas accès à l’offre de remboursement proposé par le fabriquant. Conscient de la peine qui frappait notre famille, le vendeur a accepté de nous faire un rabais au niveau du remboursement proposé. Grisés par les économies réalisées, nous avons cette fois acheté une seconde machine, une Nespresso parce que Mauvaise Mère a toujours voulu en avoir une.

Arrivé à la maison, patatra. La machine à expresso que nous avions acheté ne marche pas. On lit le mode d’emploi, on essaye, on relit le mode d’emploi, on s’énerve pour au final, ramener la machine en boutique. Une fois là bas, le vendeur nous dit qu’il va faire un échange à neuf de notre produit (donc sans les éventuels soucis liés au fait qu’elle ai été modèle d’exposition, mais toujours avec la remise). Je ne sais pas trop, mais je crois qu’on a fait une bonne affaire :-)