Mais au fait, qui va garder les enfants ?

Flashback #1

Octobre 2000 : je commence à travailler dans la World Company. Je vis encore chez ma mère et comme elle n’a pas envie que son appart se transforme en hôtel, elle me demande de participer aux dépenses du foyer, ce que j’accepte de bon gré. Pour marquer mon entrée dans la vie d’adulte, je décide de repasser moi même mes chemises. J’attaque ma première chemise devant la télé. Je fais très attention à la température, je commence par le col… Et une heure après, je passe à la deuxième chemise.

Avant la fin de la deuxième chemise, ma mère me prend le fer des mains en me disant :” Laisse donc, j’irais plus vite”

Flashback #2

Mars 2008 : je décide de partir avec mon Aînée à Lorient pour la présenter à mon oncle de 67 ans (le frère de mon père). Ma femme bossait ce WE là (pour changer). Ce fut donc une grande expédition avec ma petite. Au cours d’un repas, dans la conversation, il me fait part de son étonnement quant à mon aptitude à gérer ma gamine et me raconte comment faisait mon grand père (c’est à dire pas grand chose).

A la fin du repas, il m’explique que cela doit venir de ma mère car “Ton père n’aurais jamais fait cela. Dans la famille, on a toujours laissé ça aux femmes”

Flashback #3

Septembre 2008 : je m’apprête à partir du boulot à 17h pour chercher mes filles à la crèche de l’hôpital où travaillait ma femme (à 45 min de mon bureau). Mon patron m’intercepte pour une réunion surprise. Je lui explique que cela ne sera pas possible pour moi car je ne pouvais pas me permettre d’être en retard. Résultat, j’ai eu le droit à un laïus interminable sur le fait qu’il n’était pas concevable que je parte aussi tôt.

Après lui avoir rappelé que j’étais là à partir de 8.20, je lui demande ce qui était le plus important pour lui : ma présence ou le fait que le boulot soit fait ?

J’ai déjà abordé dans ce blog ici ou ce sentiment étrange qu’un homme n’est pas spécialement attendu dans la gestion d’un foyer en général ni dans celle des enfants en particulier. C’est pas pour faire ma causette, mais il faut bien avouer qu’on n’est pas aidé et que rien ne nous motive à faire le choix d’une plus grande implication dans les affaires domestiques. Soit on ne fait pas comme il faut (comprendre comme les femmes), soit on ne comprend (bah oui, les hommes, ça ne comprend jamais rien), soit on nous fait remarquer que ce n’est pas un truc de mecs… enfin de vrais mecs (faut reconnaître que les hommes d’aujourd’hui, ça n’a plus de couilles).

(Au passage, je vous invite à (re)lire ces excellents articles de Till the Cat, mon maître à penser en matière de PAFitude et de poils au menton : PAF, la maxi claque aux préjugés, Le Papa Code façon DPAM et Père au Foyer, c’est pour les gonzesses )

Même si les choses bougent, il faut avouer que cela reste encore laborieux et malheur à celui qui parlera de sexisme à l’encontre des hommes ou de la difficulté de trouver sa place en tant qu’homme et père, il se fera rappeler la longue servitude des femmes auprès des mâles (avec des vrais morceaux de Simone de Beauvoir et de Pierre Bourdieu dedans).

Près de 50 ans après le mouvement de libération de la femme, les enfants restent majoritairement une affaire de femmes. Après sa naissance dans une maternité grâce à l’intervention d’une sage-femme, l’enfant va à la crèche ou passe entre les mains expertes d’une assistante maternelle avant d’arriver à l’école maternelle elle aussi. Sans oublier que souvent, le congés parental est plutôt un prolongement du congés maternité lorsque l’on voit que fin 2007, 94% des congés parentaux d’éducation sont pris par des femmes (Source : DREES). La contrepartie de tout cela est que les femmes ont plus de difficultés à s’épanouir professionnellement que les hommes (écart de salaires, plafond de verre…).

Alors pourquoi ces inégalités ? Pourquoi ces injustices ? Et si la parité commençait au sein du foyer ?

C’est autour de cette question que France Télévision et l’agence Découpages ont produit le web documentaire “Qui va garder les enfants ?”

J’ai eu la chance de pouvoir assister au lancement du documentaire et je dois avouer que je suis plutôt enthousiaste car non seulement le projet est passionnant mais aussi parce que l’équipe qui l’a conçu et réalisé est carrément au taquet.

Le principe du web documentaire est simple, il propose de suivre le “marathon quotidien” de 6 familles du réveil au coucher. Vous avez la famille “traditionnelle” avec 4 enfants, le papa solo, le couple de mères, les parents en horaires décalés, la mère seule avec ses 5 enfants et les parents “nouvelles génération”. Et c’est parti pour 38 vidéos de courses entre enfants, boulots et tâches ménagères. Les familles sont drôles, parfois un peu énervantes mais toujours touchantes car chez nous comme chez eux, on fait souvent ce que l’on peut. Parfois, sur une même vidéo, on peut choisir le point de vue de la femme ou de l’homme. Je ne pense pas éventer un secret d’état en disant que les points de vue ne sont pas forcément les mêmes et que cela donne des choses assez cocasses.

Le fait que cela soit un webdoc permet de prendre son temps dans le visionnage, de naviguer comme on souhaite (famille par famille, par moment de la journée). Toutefois, le véritable intérêt du webdoc est que ces tranches de vie soient commentées par un des sept “décrypteurs” (au passage, avec un homme pour six femmes, on ne peut pas dire que la parité soit présente :-)  Ça change des émissions d’Yves Calvi).

Sociologues, économistes, neurobiologistes, anthropologues, ces décrypteurs permettent de prendre un peu de recul sur le quotidien de ces familles ainsi que sur son propre quotidien. Et là, tout y passe : la structure du travail domestique, la répartition des rôles, la place du père, les réticences de la mère, le genre, l’instinct maternel, l’équilibre vie pro / vie perso, le sexe du cerveau passent à la moulinette pour expliquer et comprendre nos comportements. Cerise sur le gâteau, on peut créer son propre marathon en notant qui fait quoi à la maison et se comparer avec les autres internautes et avec les statistiques officielles (type INED).

Au final, on a affaire à un webdocu qui se regarde tout seul et qui permet de s’interroger sur sa “propre pratique” à la maison. Toutefois, je dois avouer que je reste un peu sur ma faim car si l’on prend la mesure de tout ce qu’il y a à faire pour rééquilibrer la balance, il manque un peu le mode d’emploi. Le documentaire étant tellement riche par ailleurs qu’ils ont dû vouloir garder de la matière pour un numéro 2 que j’appelle vraiment de mes voeux.

J’espère que ce documentaire permettra d’amorcer la pompe et de contribuer à l’évolution des mentalités. S’il vous a plu comme il m’a plu, n’hésitez pas à en parler autour de vous (C’est pas comme si c’était compliqué un RT) et à faire vos commentaires sur leurs pages. Sur ce, j’ai des vidéos à finir :-)

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Des difficiles conséquences du coming out

Se reconnaître différent n’est pas évident à (di)gérer : la douce quiétude de la normalité, le sentiment permanent que l’on est pas aussi “extra-ordinaire” mais surtout, il y a le regard des autres. C’est terrible ça, le regard des autres, surtout quand on parle de surdoué. Même si les gens sont polis, j’ai toujours eu l’impression que lorsqu’on se déclare surdoué, c’est synonyme de “je me la raconte”. Le mot “surdoué” y est pour beaucoup, je pense, mais les autres n’apportent par grand chose.

Ce n’est pas que je sois plus intelligent qu’un autre (enfin, ça dépend de l’autre :-) ). C’est juste que j’ai tendance à penser les choses de manière globale. Au lycée, j’étais incapable de faire mes disserts sous le format thèse puis antithèse puis synthèse. Je commençais pas la synthèse et j’étais bien embêté pour expliquer comment j’avais fait pour arriver à ces conclusions. Résultat, je me tapais de 10/20 parce que le prof trouvait que mes disserts se tenaient, mais que cela manquait de développement. La tenue de ce blog est un autre exemple. Chaque billet est une lutte : c’est jamais bien écrit, je passe un temps infini à regarder mes sources, les sources de mes sources, les critiques de mes sources… D’un billet par semaine, j’arrive royalement à un par mois. Faut que je me fasse une raison :-)

Dire que l’on est précoce à 35 ans, ça fait doucement rigoler et je ne parle pas de zèbres ou de neuro-droitiers, parce que là, ça fait carnaval. Alors on cherche des mots à mettre sur ce que l’on ressent et donc on lit. Et des livres sur la douance (que je n’aime pas ce mot. A chaque fois que je dis “douance”, je rajoute “de salon”. J’y peux rien, c’est plus fort que moi), il y en a un paquet (une petite liste ici).

J’ai pas tout lu, mais j’ai quand même l’impression que ça dit souvent la même chose, mais pas avec les mêmes mots : être surdoué, ce n’est pas synonyme de réussite. Être surdoué, c’est avoir une très forte émotivité. Être surdoué, c’est être un peu paumé. Mais heureusement nous ne sommes pas seuls, il y a les psychologues ! Parce qu’il ne faut pas se leurrer, la douance (classique) c’est aussi un business. Entre les livres, les consultations, les associations… C’est un budget. N’oublions pas les sacro-saints tests qui vous permettent de savoir comment vous êtes surdoué et surtout combien (tout bon surdoué doit au moins avoir 130 de QI). Au final, on ne sait pas trop si on est Précoce ascendant Zèbre,si on a le HP en trigone avec le ND (pour rappel) ou si l’on est tout simplement un “normopensant” qui se prend la tête pour pas grand chose (car oui, il existe un terme pour les non surdoués, sympa non ?)

Je reconnais être un peu (beaucoup) critique, mais non seulement tout ce bazar ne m’a pas aidé à y voir clair, mais il ne m’a pas aidé non plus à savoir quoi faire de sa différence. Parce que c’est bien beau d’admettre qu’on puisse penser différemment, mais pour faire quoi après ? Faut il en parler autour de soi ? Comment trouver sa place dans une société qui vous regarde bizarrement ? Quel impact cela va avoir sur ma vie pro/perso ? Suis je différent par rapport à avant, quand je ne savais pas ? (à lire certains forums, on se demande). Vous allez me dire que je n’avais qu’à aller chez le psy pour avoir mes réponses, mais à 90 € la séance sans garantie de réponse, ça me faisait un peu mal de faire une thérapie, même courte, alors que je ne me sentais pas malade, juste perdu. Je suis donc resté plusieurs mois avec une pelleté de questions qui tournaient dans ma tête (je précise qu’en même temps, ma boite venait de se faire racheter et la question de ma démission se posait pour permettre à ma femme de prendre un poste en province – Pour rappel).

Je me suis trouvé face à un drôle de paradoxe. J’étais un peu paumé et je ne voulais pas en parler à mes proches. La peur sûrement. Peur de leur jugement. Peur qu’ils ne comprennent pas.  Je pense ne pas trop me tromper en disant que j’étais proche du fond quand ma route a croisé celle d’une personne formidable qui m’a littéralement pris par la main pour me sortir la tête de l’eau. Elle a tout simplement pris le temps de m’écouter sans me juger (alors qu’elle n’a jamais fait de psycho :-) ) A posteriori, je dois reconnaître que je n’ai pas toujours été super classe avec et que j’ai pu me montrer particulièrement odieux. Abnégation, patience, écoute ont été ses principales armes pour me faire parler, faire sortir tous ce qui me traînait dans la tête et sur le coeur. Si je ne répondais toujours sur le moment, ses questions me forçaient à trouver des mots pour lui expliquer. Ça m’a fait avancer, pas en me faisant comprendre que j’étais plutôt comme ci ou comme ça, mais en dédramatisant la situation. Ça m’a aidé à admettre. J’ai eu beau me défendre avec des “Oui mais”, chaque parcelle de déni a été méthodiquement labourée.

Cette personne m’a également aidé à en “m’obligeant” à en parler à ma femme, à ma famille, à mes amis… J’ai crû qu’ils allaient me rejeter, balayer ça du revers de la main ou se moquer et, à ma grande surprise, il n’en fut rien. Ma femme a lu quelques livres sur le sujet et on en a discuté. Ma mère m’a dit que cela ne la surprenait pas (j’ai appris par la suite qu’elle m’avait fait passer un test de QI quand j’étais gamin o_O). La plus grande surprise est venue d’un de mes meilleurs amis qui m’a dit, avec un sourire rassurant, qu’il n’avait jamais compris pourquoi, avec toutes les idées que j’avais, je n’étais jamais devenu riche et célèbre. Au final, mes très proches avaient déjà plus ou moins intégré ce paramètre.

En regardant mon parcours pro, je me suis rendu compte que j’avais également plus ou moins intégré ce paramètre. Si je suis resté dans le même secteur d’activité (la santé), j’ai passé mon temps à multiplier les expériences différentes avec à chaque fois la volonté de l’aborder sous un angle différent. Aujourd’hui, si je devais dire ce qu’est mon métier (pas simple ça), c’est de décrypter les rouages du système de santé pour permettre aux décideurs de décider. Reste à savoir comment faire de l’argent avec ça :-) Et c’est justement l’objet de mes réflexions. Je profite de mon passage de PAF pour réfléchir à tout ça (rien de mieux que la vaisselle pour penser à son business plan :-) ).

Ce long coming-out m’a également permis d’identifier de mes forces et mes faiblesses. Et dans un processus de création d’entreprise, c’est précieux. Je sais par exemple que je serais incapable de mener cette création d’entreprise seul. Réfléchir, c’est bien, c’est quand il faut agir que ça pose problème. Procrastination, angoisse de la page blanche, insatisfaction chronique du rendu de mes productions… Tout est bon pour ne pas commencer ou ne pas finir mes projets. C’est un fait, j’ai besoin d’un “aide de camp” pour mettre en musique tout ce que j’ai en tête, quelqu’un qui ne se braque pas face à une approximation, qui ne passe pas son temps à râler sur les incohérences d’un formulaire… Bref, quelqu’un de complémentaire. Ne pas accepter cela, c’est se lancer dans la création d’entreprise avec une certitude d’échec (et niveau estime de soi, c’est pas génial). Y a des situations où je sais que j’aurais 100% de chance d’échec, alors autant les éviter.

In plop we trust

Les billets qui vont suivre sortent un peu du champ de la parentalité pour traiter d’un sujet un peu plus “personnel”.

C’était il y a trois ans. A l’époque, j’étais un cadre à fort potentiel et mon patron m’a proposé de prendre sous ma responsabilité la démarche qualité ISO 9001 de l’entreprise. Proposition que j’avais rapidement accepté tellement je tournais en rond dans ce que je faisais (pas comme si mon N+1 avait un problème dans la délégation des responsabilités et de la gloire. Mais bon, un patron, soit on en dit du bien, soit on en dit rien. Passons…). C’est ainsi que je me retrouve à subir profiter d’une formation sur la démarche qualité en tête à tête avec un consultant qui est devenu rapidement un copain.

Sur la fin de la formation, le consultant me demande pour la prochaine séance de réaliser une “cartographie des processus” qui est un schéma permettant de distinguer les différents métiers de l’entreprise et comment ils s’articulent entre eux (dit comme ça, c’est sinistre mais au fond, c’est passionnant). Sauf que sa carto, je l’ai fait en 10 minutes chrono crayon levé sur un paper board.

Silence…

A voir sa tête, il ne s’attendait vraiment pas à une réponse aussi rapide (et apparemment aussi satisfaisante). D’un autre côté, je n’avais fait que mettre en forme des constats déjà fait vu que j’étais dans la boite depuis pas mal de temps, j’avais déjà tout en tête. Mais cela n’avait pas l’air de le rassurer. Et là, il me balance tout de go : “Tu es neuro-droitier ?”

Silence…

Je me suis toujours considéré comme un gaucher contrariant, alors s’entendre dire qu’on est droitier, même du neurone, ça m’a surpris. D’autant que je n’avais absolument aucune idée de ce dont il me parlait. Et pourtant, c’est pas comme si j’avais étudié le cerveau dans tous les sens à la fac (je suis neurobiologiste… à la base).  Mais là, la totale impasse.

Tout d’abord sceptique, je me met à chercher ce que l’étiquette qu’on venait de me coller sur le dos voulait dire et je tombe, par hasard sur un livre d’une psy Béatrice Millètre : Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouvent pas très doués qui traitait spécifiquement du sujet (et que je conseille chaudement pour des raisons que je détaillerais plus tard). Et c’est ainsi que je suis rentré par la petite porte dans le monde des surdoués, des précoces, des “qui pensent pas pareil”.  Et quand je parle de monde, je devrais plutôt parler de nébuleuse parce qu’entre neurodroitier (ND), haut potentiel (HP),  haut quotient intellectuel (HQI), atypique personne dans l’intelligence et l’émotion (APIE), Brillant Bosseur (BB), surdoué, précoce, zèbre et j’en passe, chaque auteur y va de sa petite étiquette.

Tant que j’y suis, un petit message pour tous les psys de la terre qui écrivent sur le sujet. Je ne doute pas qu’il y ai un monde entre un ND et un APIE, mais par pitié, mettez vous d’accord sur un terme générique quand vous faites de la vulgarisation : ça permettra à de nombreuses personnes qui s’interrogent d’avoir les idées claires et ça donnera moins l’impression d’une guerre marketing.

Bref…

Mon gros problème avec ce genre de sujet, c’est que je ne sais pas ce qu’est l’intelligence. Et j’ai eu le même réflexe que beaucoup de personnes, j’ai multiplié les lectures… J’aurais pas dû. Non seulement, on se perd dans la jungle des termes et des concepts mais je  n’ai jamais été content de ce que je lisais sous prétexte que je ne me reconnaissais pas à 100% dans les bouquins et ce que je reconnaissais, c’était souvent à contre-coeur. En gros, je rejetais la remarque du consultant tout en me disant que peut être qu’il avait peut être raison (si ce n’est pas malheureux…).

La mère de mes enfants m’avait proposé de passer des tests pour être sur. Mais me connaissant, j’aurais été capable de rejeter les résultats les plus élogieux sous prétexte que je ne voulais pas y croire. J’ai alors pris mon courage ainsi que mon téléphone à deux mains pour prendre rendez vous avec Béatrice Millètre pour être fixé sur mon cas. J’avais beaucoup aimé son livre principalement parce qu’il ne donnait pas l’impression d’être “stigmatisé” par une étiquette. Je m’attendais à ce qu’elle me propose de passer des séries de tests et d’entretiens pour comprendre précisément si je suis comme ci ou comme ça. Il n’en était rien. Après m’avoir longuement écouté elle m’a juste dit “Si vous pensez l’être, c’est que vous l’êtes sûrement”.

Je dois avouer que j’ai été un peu déçu par la réponse parce qu’elle ne répondait en rien à mes nombreuses questions. D’un autre côté,  l’intelligence ne peut pas être rangée dans des cases. C’est quelque chose de tout en nuance et il faut accepter si une couleur est plus prononcée que chez les autres. Accepter… La belle affaire. Je me suis toujours senti en décalage avec les personnes que je fréquentais… mais de là à dire que je puisse être différent.

On m’a toujours reproché de me disperser au niveau de mes études et de mes expériences professionnelles et là, j’apprend qu’il s’agit plutôt d’une façon d’apprendre différente : j’ai besoin d’embrasser l’ensemble de mon sujet pour me sentir à l’aise.

On m’a toujours reproché d’en faire le minimum à l’école (alors que j’ai toujours eu de bonnes notes) et là, j’apprend que je serais quelqu’un d’intuitif : la réflexion ne se fait pas au niveau conscient (un peu comme un antivirus qui tourne en tâche de fond).

On m’a toujours reproché d’être lent pour travailler (même si j’ai été rarement en retard) et là, j’apprend qu’il s’agit d’une façon de penser différente : quand je fais un travail, j’ai besoin d’avoir une idée du résultat final et quand je l’ai, j’accouche du résultat en bloc comme si je pondais quelque chose. Mon pote consultant utilisait une onomatopée pour parler de ma façon de bosser. Il disait que je faisais “plop” (Au passage, regardez cette pub SNCF. Vous aussi vous entendrez plop).

Ce qui devait arriver arriva, j’ai un peu tout rejeter en bloc, d’autant que c’est à ce moment là que se posait la question de ma démission pour suivre ma femme en province. Ca faisait un peu beaucoup à accepter d’un coup. Accepter cette différence, c’est prendre le risque de passer pour quelqu’un qui se la raconte. En France, l’intelligence, c’est comme l’argent, on n’en parle pas.

 Et puis j’ai fais une rencontre, qui m’a permis d’avancer dans ma réflexion…

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La quadrature de la crèche

J’ai assisté hier soir à l’assemblée générale de la crèche associative où se trouve ma Cadette. Il me semble important d’assister à ces moments forts de la vie d’une association, surtout quand elle a la charge de votre progéniture et qu’elle fait un boulot formidable. Apparemment, tous les parents ne pensent pas comme moi vu que nous n’étions que 5 parents sur 50 (dont 2 parents représentant au CA de l’association). Bref…

C’est également une expérience très intéressante car m’étant intéressé professionnellement au secteur de la petite enfance, c’est toujours intéressant de se plonger les mains dans le cambouis de la réalité d’une crèche… Et ce n’est pas brillant.

Il faut savoir qu’une crèche conventionnée avec la CAF  reçoit de l’argent de la part de 3 types d’acteurs : la CAF, les familles et un “tiers financeur” (collectivité territoriale ou entreprise). En fonction du revenu de la famille, cette dernière paye à un prix de journée que la CAF complète pour atteindre environ 4,4 euros de l’heure. Quelque soit le niveau de “prestation” ou le statut juridique de la crèche (publique, associative, “privée”), le prix est le même partout. Le complément est donc apporté par ce tiers financeur  qui “loue un berceau”. Le niveau de prestation est donc fonction de ce qu’une collectivité et/ou une entreprise est prête à payer et elle n’a aucune obligation de compléter à hauteur de 100%. C’est un choix politique au sens noble du terme.

Là où c’est moins noble, c’est quand les subventions tardent à venir parce que la municipalité souhaite privilégier le développement d’un service public de crèche alors qu’il existe des besoins non satisfaits à ce jour. D’après ce que j’ai compris, une subvention de la mairie est bloquée car la municipalité considère que “ma” crèche n’est pas viable. La cause ? Un remboursement d’emprunt important qui a été contracté… suite à l’absence de subvention à l’investissement lors de la création de la crèche. Autre raison de “discorde”, l’existence de charges non essentielles à savoir un pôle administratif qui s’occupe des factures, des salaires, des recherches de partenariat et qui permet au personnel de puériculture… de faire leur boulot à savoir s’occuper des enfants.

En attendant de trancher ce noeud gordien, la crèche a sucré une partie des animations nécessitant un intervenant extérieur pour limiter la casse avant d’aller quémander de l’aide.

Le pire étant toujours à venir, une circulaire de la CAF précise que désormais, les crèches doivent fournir couches et repas, ce qui a un coût et que ce coût n’est pas répercutable sur les familles, ni sur la CAF qui paient un montant encadré réglementairement, mais par le tiers financeur. Si je voulais faire du mauvais esprit (ce qui n’est pas mon genre), je dirais que tout est fait pour organiser l’insolvabilité des crèches associatives. Tout d’abord, parce qu’on leur demande beaucoup dans la gestion de leur compte (je ne suis pas convaincu qu’on ai une gestion aussi “saine” dans le public compte tenu des pratiques de comptabilités analytiques dans les structures publiques) et qu’elles n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre pour diminuer leurs charges contrairement aux entreprises de crèches type Babilou ou Le Petit Chaperon Rouge, qui peuvent faire baisser leurs prix d’achats compte tenu du nombre de crèche dans leur réseau (on achète moins cher en gros qu’au détail). Outre l’aspect financier pour la crèche, ça ne me plait pas trop de savoir que mon enfant mangera des blédichefs alors qu’il mange aujourd’hui du fait maison.

On peut s’interroger sur la pertinence du modèle associatif à terme entre le public et le privé conventionné. Pour le coup, je n’ai pas de religion sur le sujet. En revanche, à court terme, je fais quoi moi avec mes gamins ? Je ne sais pas si les décideurs se rendent compte du cynisme de la situation. En attendant, elle me laisse comme un goût de moisi dans la bouche.

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If…

A l’âge de 8 ans, j’ai perdu mon père.

Une des principales conséquences de cela est que j’ai grandi entouré  exclusivement de femmes. Il y a bien eu un oncle qui est venu 6 mois, mais on ne peut pas dire qu’il m’ait réellement aidé à traverser la puberté. Niveau image du père, c’est moyen, mais cela a contribué à forger l’homme que je suis aujourd’hui sans que je puisse dire vraiment quelle impact cela a sur ma paternité.

Quand ma femme a été enceinte, j’ai eu un grand moment d’angoisse. Comment savoir si j’allais être un bon ou un mauvais père, attendu que je ne savais même pas ce qu’était un père ? Du côté des amis, l’aide a été limitée. Cela n’aide pas d’être le premier parmi mes amis proches à avoir un enfant.

J’avais bien le modèle traditionnel en tête du père, tout puissant et pourvoyeur de revenu, mais comme mon oncle a divorcé quelques jours après mon mariage, on va dire que ce modèle n’est pas, à mes yeux, gage d’une réussite systématique.

Comme tout le monde, j’ai lu et j’ai pleuré tellement les livres n’avaient rien à dire sur ce que devait (pouvait) être un père. J’ai également fait une psychanalyse en passant aux Maternelles, c’est dire mon niveau d’angoisse existentielle :-) . Pendant la grossesse pour l’Aînée en 2007, nous sommes allés voir le Premier Cri. Je ne développerais pas mon point de vue sur ce “film” car je suis quelqu’un de poli, mais on ne peut pas dire que le père ait une place enviable. Bref…

Donc quand ma femme a été enceinte de l’Aînée, je me suis contenté d’être le mari de ma femme avant d’être le père de mon enfant. A défaut de savoir comment faire, je me suis dit que l’expérience aidant, j’apprendrais. Et pour l’instant, je pense pouvoir dire que je ne me débrouille pas trop mal. Mais il est un invariant dans ma vie…

Je suis entouré exclusivement de femmes. Une femme, deux filles… Même mon chat est une femelle, c’est dire mon isolement. Ce qu’il me faudrait, c’est un petit mec. Pour voir ce que cela fait d’avoir quelqu’un d’autre que moi qui oublie de baisser la lunette des toilettes. Cependant, une angoisse m’étreint (encore ?) à cette perspective. Un garçon, c’est bien, mais pour quoi faire ?

En quoi élever un fils serait différents que d’élever une fille ? J’aime pas jouer au foot !

Au final, pourquoi est ce que j’aimerais un petit gars ? Pour lui transmettre des “choses” !

Un nom tout d’abord. Cela peut paraître une réflexion d’un autre âge, car j’ai également transmis mon nom à mes filles qui pourront le garder si elles le souhaitent tout le long de leur vie. Toutefois, j’ai toujours eu l’impression que mon père a été considéré comme un moins que rien par sa famille. D’ici une ou deux générations, il y a de grande chance que mon nom de famille disparaisse par mariage, abandon… L’idée que sa “survie” dépende en partie d’un petit fils de mon père a le goût sucré de l’ironie (je ne vous demande pas de comprendre, juste de me faire confiance pour le coup)

Des valeurs ensuite. Oui mais lesquelles ? Pas simple de dire aujourd’hui ce qu’est ou doit être un homme. Il paraîtrait que la virilité est en crise, que les féministes nous auraient coupés les couilles et qu’elles nous transformeraient en femmelettes. Que le mâle dominant a vécu et que le père au foyer est dépressif (analyse en cours :-) ). Si la (nouvelle) place de la femme dans la société a été beaucoup théorisée par les penseuses féministes, celle de l’homme ne l’a pratiquement pas été, sauf par des apôtres du retour en arrière (Comme E. Zemmour, par exemple, même si je connais très peu son oeuvre).

Heureusement pour moi, j’ai re-découvert ce poème de Rudyard Kipling et j’aimerais laisser à ce bel auteur le(s) mot(s) de la fin, ce qui, pour ceux qui me connaissent, n’est pas une mince affaire.

Tu seras un Homme, mon fils

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tous jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Placenta, Mon amour

C’est après de longues semaines de travail nocturne que je me remets au clavier. Et pour célébrer ce moment de liberté retrouvée, je me suis dis qu’un sujet léger et de bon goût serait parfait pour m’y remettre. C’est grâce à un tweet de Famili.Fr que j’ai trouvé le sujet parfait : la placentophagie :-)

J’ai cliqué sur leur lien… Et j’ai regretté. Mon Dieu, ils ont même fait un dossier sur cette histoire que manger son placenta après l’accouchement serait bon pour la santé. Pour être franc, ma première réaction a été de vouloir vomir. La seconde fut de lire ce qu’ils en disaient et de chercher un peu sur le sujet. Et j’ai été plutôt déçu par ce que j’ai trouvé, c’est à dire pas grand chose. En tapant “placentophagie” ou “manger son placenta” sur google, quelques blogs ou forum sont ressortis où l’on était dans le registre du j’aime/j’aime pas. Je crois que je ne surprendrais personne en disant que c’était plutôt j’aime pas :-) . L’info la plus “consistante” concernait January Jones qui aurait avoué manger son placenta.  Grâce à son témoignage d’expert ès mangeage de placenta, on apprend que cela lui a permis de se remettre rapidement de son accouchement et qu’elle recommande vivement ce traitement naturel. Au passage, c’est dingue comment l’argument “naturel” est employé pour inciter les gens à faire certaines pratiques. Personnellement, j’ai toujours été réticent à l’argument “c’est bon parce que c’est naturel”. Dame Nature sait être cruelle quand elle veut et je n’irais pas manger une amanite tue mouche ou de la ciguë sous prétexte que c’est un produit naturel (c’est mortel ces petites choses là, mais pas dans le bon sens du terme)

Ce qui m’a frappé au cours de mes recherches, c’est cet espèce de flou quand il s’agit de savoir précisément à quelle point manger son placenta est répandu aux USA. On lit souvent que “de plus en plus d’américaines mangent leur placenta”. Hormis à New York et en Californie, j’ai du mal à voir la ménagère américaine poêler son placenta ou trouver un pharmacien qui accepte de le déshydrater pour le mettre en gélule.  Je soupçonne le fait que personne ne sache vraiment l’ampleur du phénomène et que l’argument “de plus en plus d’américaines mangent leur placenta” soit plus un argument commercial pour convaincre de passer le cap qu’une réelle description de la situation. A force de dire que c’est une pratique à la mode, elle va finir par le devenir. Enfin…

Pour revenir à l’article de Famili, qu’apprenons nous d’intéressant ? Le titre “Manger son placenta pour éviter la dépression post-partum” est lourd de promesses. Je sais qu’il faut être accrocheur, mais là, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère. Alors comme ça, j’apprend que c’est presque devenu une mode (ah oui ?) et que les mangeuses de placenta seront bientôt soutenues par des scientifiques… peut-être…  Une étude de neuroscientifiques de l’université de Buffalo expliquerait que l’ingestion du placenta permettrait de limiter la dépression postnatale, l’absence de lien ou de l’hostilité de la mère envers l’enfant. Après avoir expliqué les mécanismes biologiques impliqués dans le phénomène, l’article met le hola en disant que ces scientifiques émettent juste des hypothèses en absence de réelles études sur le sujet.

Si l’emploi du conditionnel permet à cet article de ne pas écrire de mensonges, je trouve la formulation maladroite, si ce n’est fallacieuse avec comme unique but de générer du trafic. On joue sur des ambiguïtés parce que l’article pointe justement l’absence de données fiables sur l’intérêt médical de manger son placenta. Il n’y a rien qui laisse présager un éventuel soutien aux “placentophages” (sauf si l’on considère que s’intéresser à un sujet revient à le soutenir). L’étude américaine n’est qu’un prétexte à papier. En lisant le résumé de l’article fait par l’université de Buffalo (Une version de l’article se trouve sur le net. Mais comme il est 2.00 du mat et que le doc fait 20 pages, je m’autorise à ne pas le lire ce soir. Si le coeur vous en dit :-) ) je n’arrive pas aux mêmes conclusions que l’auteur du papier (que je n’ose appeler journaliste).

Premier point intéressant, le principal auteur, Mark Kristal, est psychologue, spécialisé dans l’étude du comportement et s’il étudie la plancentophagie depuis une quarantaine d’année, ses recherches seraient plutôt fondées sur les comportements des mammifères (humains compris) et une réflexion sur les différences de comportement. En résumé, le résumé de l’article développe les trois points suivants :

  • Les bénéfices de l’ingestion du placenta ont été prouvés chez les mammifères non-humains (amélioration du lien mère-enfant). Certains troubles présents chez l’être humain ne se retrouvent pas chez l’animal (dépression post partum, absence de lien…) ce qui amène M. Kristal à s’interroger sur le fait que manger son placenta pourrait expliquer cette absence chez les mammifères non-humains. Il précise toutefois que c’est une hypothèse et qu’aucune étude médicale sérieuse n’a été menée pour dire si manger son placenta sert réellement à quelque chose.
  • Quelque soit le continent, aucune culture, aucune tribu n’a recommandé la consommation de placenta humain. M. Kristal s’interroge sur le fait que si manger son placenta ne s’est jamais fait au sein de l’espèce humaine, c’est peut être que notre organisme n’en a pas besoin et que notre organisme a évolué différemment que celui des autres mammifères. En terme plus technique, on dirait que la vraie question est de savoir pourquoi l’espèce humaine ne considère pas la placentophagie comme un impératif biologique comme cela l’est pour d’autres mammifères ? Peut être avons nous mis en place des “stratégies adaptatives” qui nous permettent de nous en passer ? (Désolé, je frime, mais j’ai adoré la phrase dans l’article ;-) )
  • Il explique enfin que si des études sont menées et qu’elles ressortent positives, cela pourrait avoir un impact sur la prise en charge post-accouchement. En revanche, si les études ne font ressortir aucun effet thérapeutique, “cela n’empêchera pas les spéculations et les recommandation vont persister, car il n’est pas possible de prouver le contraire“. Ceux qui croient en l’efficacité de la consommation du placenta resteront convaincus, même si des études montrent le contraire.

Même s’il reste dans la posture neutre du chercheur qui j’affirme ou n’infirme rien sans preuve, on sent qu’il y voit plus un effet placebo qu’un effet thérapeutique. Dans une interview précédent l’étude, Mark Kristal disait que la seule façon d’être renutri par l’ingestion du placenta serait d’avoir été vraiment malnutri pendant la grossesse. L’article dans son intégralité devrait pouvoir être plus précis sur les arguments avancés. En revanche, une chose me semble clair, c’est que l’article de l’université de Buffalo n’est en rien un soutien à la consommation de placenta. Il émet effectivement des hypothèses, mais la route est tellement longue pour affirmer ou infirmer un quelconque intérêt de cette pratique que j’ai du mal à voir le soutien des scientifiques comme le suggère Famili. Que ce magazine s’intéresse à ce sujet, pourquoi pas ? Qu’ils demandent l’avis de leur lecteur, c’est très bien. Mais l’enrobage scientifique de l’article me gène, surtout quand on arrive à des contre-sens fâcheux.

Je ne sais pas si c’est du cynisme, mais le dernier point de l’article de M. Kristal me fait “sourire”. Très souvent, quand on parle de  ”comportements de santé”, on met en avant des études qui servent surtout à convaincre les convaincus. La science se retrouve à la botte d’idéologies où l’on finit par se foutre des chiffres, du moment qu’ils soutiennent “la cause”. J’entend souvent les ayatollahs de tout bord me parler d’une étude inattaquable qui permet de démontrer par A+B que leur position est la seule possible. Ils oublient souvent, que le propre d’une étude scientifique est d’être “attaqué”, réfuté. Sinon, on est dans le ressort de la croyance et/ou du business (la mise en capsule de placenta semble coûter entre 150 et 250 dollars, tout de même) ce qui respectable en soi, mais que l’on ne vienne pas se draper dans des habits de scientifiques pour justifier quelque chose qui est de l’ordre de la conviction. C’est à l’aune des fait qu’on forge les convictions, pas l’inverse.
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Bons anniversaires Yoshizawa-sensei

Les adeptes du moteur de recherche google (c’est à dire l’écrasante majorité) aura remarqué de jolis papillons sur le doodle du jour. C’est pour célébrer les anniversaires d’un grand Monsieur de l’Origami, Akira Yoshizawa.

Pourquoi parler d’aniversaires au pluriel ? Tout simplement parce que le 14 mars est la date de naissance (1911) et la date de décès (2005) du Maître. Entre les deux, il a quand même réussi à créer 50 000 modèles originaux, ce qui est tout simplement énorme. Mais attention, pas de simples pliages fait à la va vite et ressemblant approximativement aux modèles. Non 50 000 vrais et beaux modèles où le Maître a mis tout son art et sa sensibilité pour leur insuffler un souffle de vie. Simples d’apparences, les modèles de Yoshizawa-sensei sont de véritables tortures car il ne suffit pas de plier, mais aussi de “modeler” le papier en l’humidifiant (ce qui, une fois sur 2 me fait déchirer le papier).

Personnellement, j’aime beaucoup de travail de Yoshizawa-Sensei qui est très épuré dans le style. Il n’y a pas de plis en trop, mais tous les plis sont importants.

Allez, ca me fait plaisir, celui ou celle qui me fera le commentaire le plus sympa aura le droit à un origami dans sa boite au lettre :-)

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Pourquoi faut-il sauver le soldat Valentin de l’eau du bain ?

Comme chaque 13 février, il est de bon ton de cracher sur la Saint Valentin sous prétexte que, c’est commercial, c’est mièvre, on n’a pas besoin d’une date précise…

C’est vrai que la Saint Valentin est une bonne occasion d’animer ses ventes entre la chandeleur et mardi gras (c’est tellement rare les occasions de faire de bonnes opérations commerciales). C’est l’occasion pour les enseignes de faire le concours de la réclame la plus dégoulinante de bons sentiments : “Montrez  l’être chère la force de vos sentiments” ou “Des moments magiques et merveilleux avec la femme de votre coeur” ou encore “Faites lui comprendre qu’elle est votre bouteille d’oxygène” * … (J’ai le clavier qui se met à coller tellement c’est sirupeux !!!).

Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour
Pierre Reverdy

 Et si tout simplement la Saint Valentin était juste une piqûre pour nous forcer à nous rappeler de la date de la dernière preuve d’amour que l’on a donné à l’Autre ? Au début, c’est tout feu tout flamme, champagne au bar tous les soirs. Mais lorsque la routine s’installe et que les enfants vous pompent l’énergie vitale, il ne me semble pas de trop d’avoir une date qui nous rappelle à nos devoirs :-)

* Un peu lourde, toujours sur notre dos, mais totalement indispensable  notre survie (Merci Franck)

De la place du père au plafond de verre, il n’y a qu’un pas

Ce qui est simple est faux. Ce qui est compliqué est inutilisable.
Paul Valéry

Un peu polémique comme titre… C’est pas grave, j’assume ;-)

Ces derniers jours, plusieurs évènements m’ont interpellé : tout d’abord, la journée des mères actives, l’émission des maternelles sur les papas en congés parental et le Débat Parent sur la place des pères. Loin de juger le contenu de ces évènements (auxquels je n’ai pas assisté (sauf pour l’émission)), je me suis dis que cela devais être un signe pour que j’écrive un billet sur ce blog que j’ai négligé ces derniers temps .

La question de l’égalité homme/femme m’est un peu tombée dessus par hasard. Rien ne me prédisposait à devenir père au foyer (même si on peut discuter si ce terme s’applique à moi). Les débats actuels sur l’implication des hommes dans la sphère familiale et sur l’épanouissement des femmes dans la sphère professionnelle me touchent assez fortement. Pourtant, la manière dont ils sont conduits me gène car j’ai l’impression que le fond du problème n’est pas abordé.

Quitte à en chier, autant que les filles le vivent bien

Il y a un peu plus d’un an, j’ai lâché mon boulot pour m’occuper de mes filles. Dans ma vie d’avant, j’étais cadre dans une société d’étude marketing qui venait de se faire racheter par un grand groupe. Boulot intéressant, paie correcte, bonne perspective d’évolution, horaires flexibles (c’était pas gagné ça)…

Quand ma femme m’a dit qu’elle avait une opportunité de poste en province (elle est médecin à l’hôpital), j’ai longtemps hésité et la réflexion a été assez (très) tourmentée. Vu que mon domaine d’activité est quasi exclusivement localisé autour de Paris, partir en province était synonyme de “mort professionnelle”: je devais démissionner de mon travail et me dire que je devrais changer de métier.

Ce qui a fini de me convaincre, c’est le fait que mon Aînée allait renter à la maternelle et que la configuration foyer-école-travail(s) était plus que défavorable, du genre pas gérable dans le créneau 8h-18h. Rester sur Paris serait revenu à laisser les filles à ma mère la semaine et ne pas être dispo pour elles le WE parce trop fatigués par la semaine. En résumé, quitte à en chier, autant que les filles le vivent bien.

Depuis, entre les couches, les courses, les repas et le ménage, je crée mon entreprise pour gagner un peu de sous pendant mes heures creuses (entre 21h et 7h). C’est pas simple, mais quand je vois que ma femme s’éclate, que mes filles grandissent sereinement , je me dis que ça valait le coup.

Comment en sommes nous arrivés là ? Pourquoi ce(s) choix ?

De mon côté, je n’ai pas une image du Pater Familias très forte, vu que j’ai perdu mon père très tôt (peu de risque de reproduire des réflexes macho). Du côté de ma femme, ses deux parents ont toujours été très égalitaires dans la répartition des rôles à la maison. Même si je pense que nos terrains familiaux sont une partie de l’explication sur ces choix. Je pense aussi qu’ils ont été faits par 2 adultes qui savent discuter et réfléchir ensemble sur ce qu’ils veulent faire de leur foyer (minute d’autosatisfaction).

Je ne dis pas que cela a été facile. Outre l’aspect professionnel, il y avait l’image de soi qui en a pris un coup car il faut bien l’avouer, encore aujourd’hui, pour certains primates, Père au Foyer, c’est pour les gonzesses. On aura beau faire un cadre réglementaire rendant intéressant pour un homme de prendre un congés paternité, il faut encore que le mâle considère que cela vaut le coup. En Suède, présenté comme l’Eldorado de l’égalité Homme-Femme, c’est pas Byzance pour autant.

Cela dit, il ne faut pas uniquement jeter la pierre aux seuls hommes, à mes yeux, les femmes ne sont pas en reste. Au risque de paraître paranoïaque, j’ai toujours eu l’impression d’être un intrus dans le monde de la petite enfance, comme si c’était un peu suspect de voir un homme vraiment s’impliquer. Et ça ne date pas d’hier.

  • Il y a la sage femme qui, pendant la première grossesse de ma femme, expliquait qu’ils allaient limiter l’accès à la (petite) pouponnière aux seules mères.
  • Il y a la cadre administratif de ma boite qui ne comprenait pas que je veuille prendre mon congé paternité pour permettre à ma femme de dormir un peu (elle était convaincue que je voulais m’octroyer des jours de congés en plus pour glander).
  • Il y a cette mère de famille qui me dit que je ne suis pas vraiment un père au foyer parce que je met mon Aînée à la cantine et ma Cadette à la crèche.

L’égalité homme/femme, ça va dans les deux sens

Je sais, qu’au final, dans la tête de nombreux hommes, s’occuper d’un enfant est l’affaire des femmes. Le corollaire est que ces mêmes hommes ne voient pas de problèmes majeurs à moins payer une femme sous prétexte qu’elle est (ou peut être) moins disponible parce que maman. En revanche, ce n’est pas une raison pour donner à l’homme un rôle auprès de l’enfant forcément dépendant de la mère. En suivant sur Twitter le LT du débat parent sur la place des pères, cette question n’était pas claire (en tout cas, pas dans la retranscription, j’attend le compte rendu :-) ). A un moment, le père est un étranger, à un autre, il peut très bien remplir la fonction maternelle, mais la mère doit laisser faire… Un joyeux bordel conceptuel au final :-)

Autant je suis d’accord avec Catherine Vanier quand elle a dit que  pour les psys, un père est celui qui s’occupe de la mère. J’ai mis du temps à admettre que j’allais être père pendant la grossesse pour mon Aînée.  Alors j’ai mis à profit ce temps pour m’occuper de ma femme. De gérer le quotidien pour qu’elle puisse gérer sereinement tous les changements que subissait son petit corps. Cependant, autant cette phrase me semble pertinente autour de la grossesse, autant je suis totalement contre à mesure que l’enfant grandit. Il est évident que je ne peux me substituer à la mère pour la grossesse, toutefois, je ne vois pas pourquoi ma femme serait un passage obligé dans ma relation à l’enfant par la suite.

Tu es mignon, mais tu veux en venir où ?

Je crois qu’on a tort de considérer la question de l’égalité homme/femme du point de vue personnel et du point de vue professionnel de façon séparée. Tout d’abord parce que les individus sont les mêmes quelque soit la sphère dont on parle, mais aussi parce que c’est le risque de mettre en évidence des incohérences dans le raisonnement.

Il me semble difficile de mettre en avant la relation particulière, unique de la mère à son enfant tout en hurlant à l’injustice lorsque, professionnellement, on maintient la femme à sa fonction maternelle (avec les risques professionnels que cela comporte. Salaire, Evolution…)

Pourquoi est-il normal de s’insurger contre ceux qui se demandent si on n’en demande pas trop professionnellement aux femmes quand il s’agit de prendre des responsabilités ou de gérer une équipe ? S’insurge-t-on autant lorsqu’on se demande si un homme est capable de s’occuper d’un enfant ?

J’ai conscience que certains de mes propos peuvent paraître caricatural ou outrancier, mais si l’on veut que la situation change, ce n’est pas en allongeant le congé paternité ou en instituant des règles en entreprise (un congé, c’est limité dans le temps et on peut toujours changer d’entreprise). Réduire la réponse à des solutions “techniques” me semble inefficace sur le long terme. Il faut pouvoir donner “envie” aux hommes de plus s’investir en travaillant sur les représentations sociales liées à la parentalité.

Si l’on veut que la femme ne soit pas stigmatisée professionnellement, il faut que la parentalité soit autant l’affaire de la femme que de l’homme. Et pour cela, il faut que les hommes (les vrais, pas ceux qui lisent GQ) s’impliquent plus, et que les femmes les laissent un peu plus faire, à leur manière.

Le moteur du changement ne se trouve pas à la CAF ou à la DRH des entreprises. Il me semble qu’il se trouverait plutôt autour d’un dîner en tête à tête, une fois que les enfants sont au lit.

PS : en me relisant, je me suis rendu compte que le sujet est énorme et que j’ai forcément fait des raccourcis. Toutefois, je pense que si j’avais attendu d’avoir le billet parfait, j’y serais encore à la majorité de mes filles.

Des lubies vestimentaires de mes filles et des tracas que cela engendre

Elles ont beau être issues des mêmes parents, je suis toujours surpris pas les différences de caractère entre mes deux filles. Si je devais résumer l’Ainée en un mot : ça serait fille. La vraie caricature de pisseuse. Plus tard, dans la vie, elle sera princesse, ou copine de la fée clochette si un jour elle la rencontre. Je me dis que ça peut s’arranger : je n’aurais qu’à l’emmener à des GN (Jeux De Rôle Grandeur Nature) où elle jouera des rôles adaptées (Note pour plus tard : réserver tous les rôles de princesses elfes).

Le principal corollaire de la princesse attitude, c’est qu’elle ne porte que des robes. Elle a des costumes de Raiponce ou de la Fée Clochette (tout comme ses copines). Mais à 4 ans, il y a un concept qu’on maîtrise encore mal, c’est la pudeur. Pour peu qu’elle soit un peu fatiguée, qu’elle soit avachie, qu’est ce qu’on voit ? Sa culotte bien sur !

On a beau lui dire que sa culotte ne doit intéresser qu’elle et que les autres n’ont pas à le voir, c’est pas toujours évident.

Heureusement, je n’ai pas ces problèmes avec ma Cadette. Si je devais la résumer en un mot : ça serait déménageur. Le vêtement doit être pratique et ne pas gêner le mouvement, que ce soit l’escalade d’une bibliothèque ou l’entrainement à la mêlée (ma fille a une âme de talonneur/euse). Et elle a jeté son dévolu sur les salopettes. Là, pas de risque de voir sa culotte.

Hier en allant la chercher à la crèche, l’auxiliaire m’explique qu’elle va de plus en plus aux toilettes et que tout va bien (ouf). J’étais sur le point de partir qu’elle m’interpelle en me disant que ma fille avait oublié sa culotte (qu’elle enlève pour aller aux toilettes)…

Heureusement qu’elle n’a que 2 ans. Dans une dizaine d’année, cela me fera beaucoup moins rire

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